Une patiente atteinte d’un cancer et survivante de violence basée sur le genre, Evelia Constrejon Santoyo, est détenue et sera déportée ce matin malgré le danger de mort que représente son état médical

Evelia-Constrejon-Santoyo

Montréal, le 10 décembre 2013 – Une Montréalaise qui suit présentement des traitements de chimiothérapie pour un cancer de l’ovaire de stade 3 est détenue et fait face à la déportation vers le Mexique ce matin, le 10 décembre, la journée internationale des droits humains. Une requête pour permettre un sursis de sa déportation a été rejetée hier par la Cour fédérale.

Evelia Castrejon Santoyo, 47 ans, est originaire du Mexique et vit à Montréal depuis plus de cinq ans.  Elle a appris récemment que l’Agence des Services Frontaliers du Canada (ASFC) insisterait pour la déporter malgré sa condition de santé qui met sa vie en danger.

Elle a eu un traitement de chimiothérapie lundi dernier, le 2 décembre, et doit recevoir d’autres doses dans les prochaines semaines. Elle a été escortée de sa maison à l’aéroport par l’Agence des Services Frontaliers du Canada (ASFC) ce matin et est maintenant détenue à l’aéroport Trudeau de Montréal en attendant un vol pour 10h. Mrs. Castrejon Santoyo dénonce sa déportation et demande le soutien du public.

Dans les mots de Mrs. Castrejon Santoyo : « Je suis stupéfiée par un tel manque d’humanité. Le Canada est un pays privilégié, mais ils me traitent pire que le ferait un pays du tiers-monde. L’ASFC m’a fait subir des formes de violences à d’innombrables reprises, en m’intimidant et en intimidant mes médecins, en interrompant mes traitements et ultimement, en m’empêchant d’accéder aux soins de santé dont j’ai désespérément besoin pour survivre.

Cette violence n’est pas isolée, mais aussi perpétuée contre d’innombrables autres personnes qui viennent au Canada pour fuir la persécution violente. Je garde une place dans mon cœur pour Khurshid Begum Awan, une femme pakistanaise qui a pris sanctuaire dans une église à Montréal et qui a enduré énormément d’intimidation et de stresse à cause de l’ASFC.

Je dénonce la violence et le racisme qui sont bien réels dans le système d’immigration du Canada, et l’inhumanité que ce système continue à perpétuer. »