Une cinquantaine d’organisations s’engagent à aider le blocage de la construction d’une nouvelle prison pour réfugiés à Laval

Montréal, le 14 mai 2019 — Un nombre grandissant d’organisations s’engagent à agir contre ;a construction d’une nouvelle prison pour migrant-e-s à Laval. Des groupes de gemmes, des réseaux de justice migrante, des groupes en droit du logement, des organisations de travailleurs et travailleuses, des groupes anti-racistes, des organisations de solidarité internationale et des groupes de droits des prisonniers et prisonnières figurent sur la liste de signataires d’une déclaration s’opposant catégoriquement à la nouvelle prison.  

LIEN VERS LA DÉCLARATION : www.solidarityacrossborders.org/fr/no-to-a-new-prison-for-refugees-and-migrants-in-laval  

LIEN VERS LA LISTE : https://bit.ly/2WGBq9A

Cela nous encourage de voir un si large éventail de groupes s’unir pour s’opposer fermement à ce projet”, dit Camille Bonenfant, de Solidarité Sans Frontières. “Alors que le gouvernement libéral présente ce projet comme une façon plus éthique de détenir les personnes migrantes, nous le voyons comme un investissement supplémentaire dans un système violent qui devrait être aboli, un système dont un des buts premiers est le maintien des frontières coloniales et l’injustifiable division mondiale de la richesse et du pouvoir. Nous refusons de participer au vol global de ressources, de terres et de travail que ce projet soutient.”

Il y a deux facettes. Il y a une facette qu’on montre au public comme quoi c’est un pays qui aide les immigrants et après j’ai l’impression de voir un autre pays, une facette qui est vraiment: ‘toi tu ne vas pas me servir à rien donc on va te renvoyer dans ton pays”, a dit “Daniel,” dans un témoignage lu à la conférence de presse ce matin. “Daniel” a été détenu et ensuite déporté seul vers le Mexique alors qu’il avait 17 ans.

“Dans notre travail à la prison Leclerc, nous avons pris conscience que la prison et l'incarcération opèrent par une mise à l'écart, le contrôle et la répression des populations marginalisées, notamment des femmes autochtones, racisées et pauvres. Et nous pensons qu'une logique similaire s'opère à la prison pour migrant. La prison perpétue les inégalités sociales qui découlent de l’enchevêtrement des systèmes d’oppression systémiques,” a ajouté Geneviève Dauphin-Johnson, du Centre des femmes de Laval.

“La menace de la détention et de la déportation fait en sorte que les travailleurs et travailleuses sans papiers ont peur de dénoncer l’exploitation et les abus. Même si bloquer cette nouvelle prison ne va pas mettre fin à la détention en immigration ou abolir le capitalisme, ce sera une victoire importante dans la défense des droits des travailleurs et travailleuses”, a dit Mostafa Henaway du Centre des travailleurs et travailleuses immigrants.

"Il est important de se rappeler que les entreprises extractives canadiennes, avec la bénédiction et l’appui du gouvernement, sont souvent impliquées dans des contextes de graves impacts sociaux et environnementaux dans des territoires où elles s’installent. Et c’est justement en raison de la déstructuration de leur milieu de vie que des milliers de personnes se voient forcées à traverser la frontière dans l’espoir de trouver des conditions de vie plus dignes et justes ici au Canada." a ajouté Rosa Peralta of the Comité pour les droits humains en Amérique Latine.

Le nom de l’entrepreneur général qui sera responsable de la construction de la nouvelle prison pour réfugié-e-s devrait être annoncé sous peu. De multiples flèches ont déjà été décochées en direction de la firme d’architecture montréalaise LeMay pour son rôle dans la conception de la prison.

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Contact: 514 809 0773

Source:

Solidarité Sans Frontières

solidaritesansfrontieres@gmail.com

solidaritesansfrontieres.org

Mise en contexte:

www.solidarityacrossborders.org/fr/background-immigration-detention-in-canada-and-the-new-refugee-prison-in-laval

www.stopponslaprison.info