Une action éclair dans le métro de Montréal pour le rassemblement annuel du 14 février en l’honneur des femmes autochtones disparues et assassinées

logo.jpg

Communiqué de presse

Pour diffusion immédiate

Une action éclair dans le métro de Montréal pour le rassemblement annuel du 14 février en l’honneur des femmes autochtones disparues et assassinées

Le phénomène d’envergure sociale continue d’être largement ignoré au Canada et les actions sous-financées, même après la fin de l’enquête fédérale

Montréal, le 11 février 2019 – Le 14 février à 17h une action éclair débutera sur les quais de la station Berri-UQAM pour se terminer au métro Atwater, en l’honneur des femmes, filles et personnes bispirituelles disparues et assassinées au Québec et au Canada, pour l’événement Amour en action. La soirée se poursuivra au Collège Dawson avec un grand festin communautaire où se rassembleront familles, allié.e.s et artistes pour commémorer les vies des personnes disparues. L’événement est organisé par Justice disparue, une campagne de solidarité du Centre de lutte contre l’oppression des genres, en collaboration avec Iskweu, un projet du Foyer pour femmes autochtones de Montréal.

« Cette action a pour but de sensibiliser les Montréalais à la violence faite aux femmes autochtones, un phénomène encore largement laissé de côté; mais aussi de dire que nous n’oublions pas ces personnes disparues brutalement, de supporter les familles des victimes et de rappeler qu’il reste encore beaucoup de chemin à parcourir malgré la fin de l’enquête fédérale. » Explique Dayna Danger, artiste et Coordonnatrice à la mobilisation et à la programmation du Centre de lutte contre l’oppression des genres.

Les disparitions continuent

l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (ENFFADA), avait été lancée par le gouvernement libéral en 2015 suite à sa promesse de campagne, et s’est achevée en décembre dernier. Cependant, plus de 125 femmes ont été assassinées ou disparues depuis l’arrivée au pouvoir de Justin Trudeau, et pas moins de 3 vigiles ont été tenues à Montréal le mois dernier en l’honneur de trois victimes.

Un manque de temps et de moyens

Si le rapport de l’Enquête doit être rendu en avril 2019, les commissaires en charge et plusieurs associations déplorent un manque de temps et de moyens alloués par le gouvernement pour interroger toutes les parties prenantes et examiner en profondeur les causes systémiques relatives au système juridique. En dépit de recommandations formulées par les Femmes autochtones du Québec à la ministre Carolyn Bennett, des moyens concrets tardent à être mis en place pour poursuivre les enquêtes mais surtout réduire la violence contre les femmes autochtones en amont.

Les femmes autochtones démesurément exposées à la violence

Dans son communiqué publié le 19 janvier dernier, l’ENFFADA rappelle que « les femmes et les filles autochtones sont les personnes les plus vulnérables au Canada et elles sont 12 fois plus exposées à la violence que les femmes non autochtones. Celles-ci sont touchées de façon disproportionnée par la violence et par la discrimination en raison de facteurs sous-jacents, notamment la pauvreté, la marginalisation historique, le racisme ainsi que les effets préjudiciables du colonialisme qui perdure encore aujourd’hui. »

Des actions concrètes exigées

Encore bien des cas de morts suspectes sont classés comme suicides, quand ce ne sont pas les meurtriers qui sont remis en liberté. Iskweu, un des projets mis spécifiquement en place à Montréal pour la poursuite active des enquêtes par le Foyer pour femmes autochtones, manque de moyens. Jessica Quijano, l’unique salariée du projet, appelle à la mise en place d’actions concrètes dès que possible, de concert avec d’autres associations : « Nous demandons depuis des années d’avoir un wet shelters (refuge où la consommation est autorisée) et d’avoir des ressources où les femmes autochtones, trans et bispirituelles puissent peuvent aller quand elles échappent à la violence. C’est aussi être ici dans la solidarité et donner aux organisations autochtones qui sont très sous-financés par le gouvernement et font un travail très important. Le Foyer pour femmes autochtones en fait partie. Il y a PAQ, Project Autochtone du Québec, qui fait un travail incroyable et qui a toujours besoin d'aide. »

QUOI

Amour en action:

un rassemblement et festin communautaire pour rendre hommage aux vies des femmes, filles et personnes bispirituelles autochtones disparu.e.s et assassiné.e.s

QUAND

14 février 2019

17h : Action éclair

18h – 20h : Festin communautaire

17h : Station Berri-UQAM

18h : Conrod’s Lounge – Collège Dawson – 4001 de Maisonneuve ouest

Événement Facebook : https://www.facebook.com/events/969685499892053/

À propos du rassemblement du 14 février:

Cet événement a été fondé à Vancouver en 1991 par un groupe de femmes autochtones et travailleurs/travailleuses de premières lignes en réponse à la négligence policière dans le cas du meurtre d’une femme du peuple de la Côte Salish (Coast Salish Peoples). En cette 10ème année à Montréal, ce rassemblement commémorera la vie des femmes de toutes origines qui sont disparues ou ont été assassinées. Avec une emphase mise sur les femmes et les filles autochtones, la violence affectant leurs communautés de manière disproportionnée. Cette marche cherche également à sensibiliser la population générale ainsi que les médias sur la nature structurelle de cette violence genrée et raciste.

À propos du Centre de luttes contre l’oppression des genres

https://desluttesgenres.org/a-propos/mandat/

Liste d’initiatives et d’associations luttant pour la justice faite aux femmes autochtones disparues et assassiné.e.s :

Sisters in spirit

Sisters in Spirit est une initiative de recherche, d'éducation et de politiques dirigée par des femmes autochtones. L'objectif principal était de mener des recherches et de sensibiliser le public aux taux alarmants de violence à l'égard des femmes et des filles autochtones au Canada. La première phase de l'initiative SIS, qui a débuté en 2005, consistait à mener des recherches en cours afin de rassembler des informations statistiques sur la violence faite aux femmes autochtones. L’équipe de recherche avait mis au point une base de données sophistiquée comprenant plus de 200 variables.

https://www.nwac.ca/home/policy-areas/violence-prevention-and-safety/sisters-in-spirit/

No more silence

No More Silence vise à développer un réseau inter / national pour soutenir le travail effectué par des activistes, des universitaires, des chercheurs, des agences et des communautés visant à mettre fin aux meurtres et aux disparitions de femmes autochtones – vous pouvez nous contacter à nomoresilenceorg@gmail.com

http://nomoresilence-nomoresilence.blogspot.com/

Iskweu

Le projet Iskweu vise à réduire et finalement à éliminer le nombre de femmes et de filles autochtones disparues et assassinées (également transsexuelles, bispirituelles) du Québec. Offrir un soutien et assurer une réponse adéquate des institutions quand une personne disparaît. Le projet Iskweu vise à réduire les obstacles à l’accès au soutien et à obtenir une réponse adéquate de la part des institutions qui les ont traditionnellement discriminées.

http://www.nwsm.info/iskweu-project/

Walking With Our Sisters

Projet artistique communautaire et itinérant. En 2012, un appel a été lancé pour inviter les gens à créer des dessus de mocassins (vamps), afin de se souvenir et d’honorer la vie de celles qui ont disparu en Amérique du Nord. Partout, des familles, des proches et des allié·e·s se sont réunis pour créer ces œuvres uniques qui témoignent du fait que celles qui ont disparu ne sont pas oubliées, mais que leur vie a été injustement interrompue. http://walkingwithoursisters.ca/

-30-

Contact :

Anglais

Dayna Danger

Coordonnatrice à la mobilisation et à la programmation

Centre de lutte contre l'oppression des genres

(Centre for Gender Advocacy)

438.828.7062

Français et anglais

Jessica Quijano

Coordonnatrice du Projet Iskweu

Foyer pour femmes autochtones de Montréal

514.431.6109