Rassemblement en solidarité avec les communautés affectées par le projet Hidroituango, en Colombie,

Avis aux médias : Rassemblement en solidarité avec les communautés affectées par le projet Hidroituango, en Colombie, financé par la Caisse de dépôt et de placement du Québec

 

Quand : mercredi 13 juin, 12h00 à 13h30

 : Caisse de dépôt et de placement du Québec, 1000 place Jean Paul Riopelle, Montréal

Actuellement, la Colombie vit une de ses pires tragédies socio-environnementales avec le débordement de la rivière Cauca, dans le département d’Antioquia, causé par la construction du mégaprojet hydroélectrique Hidroituango. Ce mégaprojet est l’œuvre de l’entreprise gouvernementale Empresas Publicas de Medellin (EPM), financée, entre autres investisseurs, par la Caisse de dépôt et placement du Québec.               

Par le biais de nos allié.e.s du Mouvement Rios Vivos en Colombie, nous avons reçu des nouvelles des constantes dénonciations par rapport aux irrégularités du mégaprojet. Également, le Mouvement Rios Vivos vient dénoncer que l’ampleur de la tragédie s’étend bien au-delà que ce qui est présenté par les médias d’information et soutient que les autorités colombiennes et les entreprises d’investissements ont manqué de clarté quant à ce mégaprojet. Celui-ci a causé des milliers de déplacements et a généré des conflits entraînant la criminalisation, la répression et l’assassinat de leaders sociaux de la région, opposé-e-s au projet.    

La Caisse de dépôt et placement du Québec, qui a accordé un prêt de 313 millions de dollars canadiens pour ce projet, ne s’est pas encore prononcée face à la gestion de cette urgence tragique. Nous faisons un appel à la société civile et aux organisations alliées pour se réunir devant la Caisse de dépôt et de placement, à Montréal, afin de manifester notre solidarité avec les communautés affectées, organisées au sein du Mouvement Rios Vivos, et contre le mégaprojet hydroélectrique Hidroituango. Nous remettrons à la direction de la Caisse une lettre signée par une vingtaine d’organisations latino-américaines et canadiennes, demandant la fin des investissements à des projets qui ne respectent pas les droits humains.            

-30-

 

Caisse de dépôt et placement du Québec

Comité de direction

Édifice Jacques-Parizeau
1000, place Jean-Paul-Riopelle
Montréal (Québec)  H2Z 2B3

 

À qui de droit,

Par la présente, les organisations signataires exprimons notre préoccupation pour la population affectée par la tragédie environnementale et sociale occasionnée par le mégaprojet hydroélectrique Hidroituango dans le département d’Antioquia, mené par le groupe EPM (Empresas publicas de Medellin) et les partenaires d’investissements étrangers comme c’est le cas de la Caisse de dépôt et placement du Québec.

Nous avons été informés que depuis le 28 avril dernier, le barrage présente plusieurs problèmes et failles techniques qui ont provoqué le débordement de la rivière Cauca, dévastant la population de Puerto Valdivia. Cette situation a mené à l’évacuation d’environ 5000 personnes dans lesquelles 1000 ont cherché une protection dans des refuges qui sont dans des conditions très précaires de salubrité et de pénurie alimentaire. Les victimes du désastre ont demandé aux autorités du département de déclarer l’état d’urgence et de fournir une aide humanitaire pour répondre de manière immédiate aux besoins des familles affectées.

D’autre part, nous dénonçons les menaces, la judiciarisation, les déplacements forcés et les assassinats de plusieurs leaders populaires opposé-e-s au projet Hidroituango, deux d’entre eux du Mouvement Rios Vivos, qui est un regroupement national pour la défense des territoires. Ceux-ci avaient dénoncé à maintes occasions les violations des droits des populations par le biais d’actions répressives qui limitent la participation et l’organisation sociale.

Par conséquent, les organisations signataires dénonçons les impacts du projet Hidroituango sur les droits fondamentaux et sur la vie des communautés affectées. De plus, nous réclamons une prise de position claire de la part de la Caisse de dépôt et de placement u Québec en ce qui a trait à la situation critique dans le département d’Antioquia, zone affectée par le projet Hidroituango, dans lequel votre institution a investi 313 millions de dollars canadiens [1], dans l’objectif de «contribuer à la croissance locale pour développer le potentiel des marchés émergents » tel que mentionné dans le journal El Colombiano[2]. Nous vous demandons donc de communiquer à l’opinion publique les stratégies de soutien et d’aide aux victimes de la tragédie occasionnée par le projet Hidroituango et les mesures de réparation qui seront mises en place, en cohérence avec les principes de responsabilité sociale et environnementale qui orientent vos pratiques d’investissements tant au Québec qu’à l’international.

Pour ces raisons et considérant les dénonciations constantes des organisations colombiennes et de nos organisations alliées, nous rendons responsable l’entreprise EPM, les investisseurs du projet Hidroituango ainsi que les autorités locales de la crise socio-environnementale (3) qui se vit actuellement en Colombie. Nous faisons un appel à la Caisse de dépôt et placement du Québec ayant pour fin d’exiger, tout comme l’ont fait des organisations alliées :

1.     Que la Caisse de dépôt et de placement du Québec cesse de contribuer, par son financement, à soutenir des mégaprojets qui génèrent des impacts socio-environnementaux graves et qui vulnérabilisent les droits humains, comme le fait le projet Hidroituango.

2.     Que soient offertes une assistance et des garanties de sécurité aux populations affectées par la situation d’urgence sociale et environnementale liée à la construction du projet hydroélectrique.

3.     Que la licence environnementale du mégaprojet soit suspendue et annulée, une fois l’urgence contrôlée, comme l’ont demandé les organisations locales.

4.     Qu’une enquête rigoureuse soit effectuée concernant les assassinats survenus dans la zone concernée et que soient punies les personnes qui ont exécuté ces crimes et celles qui les ont planifiés.

5.     Que soit garanties la protection, la sécurité et les droits de ceux et celles qui défendent l’eau, la terre et l’environnement dans le Cañon de la rivière Cauca.

 

[1].https://www.cdpq.com/fr/actualites/communiques/la-caisse-appuie-epm-un-producteur-et-distributeurdelectricite-de-premier

[2]http://www.elcolombiano.com/negocios/canadienses-otorgan-credito-a-epm-CE7996501

[3]http://www.lepoint.fr/monde/centrale-hidroituango-en-colombie-l-entreprise-accusee-de-minimiser-l-urgence05-06-2018-2224461_24.php

 

c.c. Ambassade de la Colombie au Canada, Consulat de la Colombie à Montréal

 

 

Organisations signataires :

Acción Colectiva (Action collective), Mexique

Cercle des Premières Nations de l'UQAM

Centro El Salvadoreño de Tecnologías Apropiadas – CESTA (Centre de technologies appropriées)- El Salvador

Coalición mundial por los bosques / Coalition mondiale des forêts / Global Forest Coalition

Collectif Opposé à la Répression Policière – COBP

Comité pour les droits humains en Amérique latine – CDHAL

Consejo Indígena Popular de Oaxaca "Ricardo Flores Magón" (Conseil autochtone populaire de Oaxaca), Mexique

Colectivo Voces ecologicas- COVEC (Collectif Voix écologiques)- Panama

Femmes de diverses origines

McGill Research Group Investigating Canadian Mining in Latin America (MICLA)

MiningWatch Canada

Movimiento Mesoamericano contra el Modelo extractivo Minero – M4 (Mouvement mésoaméricain contre le modèle extractif minier)

Movimiento Rios Vivos Colombia, Colombie

Projet accompagnement solidarité Colombie

Otros Mundos/Chiapas, Mexique

Red de Acción Por los Derechos Ambientales -RADA (Réseau d'action pour les droits environnementaux), Temuco, Chili

Réseau québécois des groupes écologistes (RQGE)

Servicio para una Educación Alternativa (Service pour une éducation alternative), EDUCA AC. Oaxaca, Mexique

Unión Latinoamericana de Mujeres – ULAM (Union latino-américaine de femmes)