Les bureaux de l’ASFC fermée par des militant-es pour la justice migratoire en hommage à M. Bolante Idowu Alo, et à nos ami-es et voisin-es déporté-es

Communiqué de presse

Les bureaux de l’ASFC fermés par des militant-es pour la justice migratoire en hommage à M. Bolante Idowu Alo, et à nos ami-es et voisin-es déporté-es

Montréal, le 30 août 2018 – Les bureaux de l'ASFC à Montréal ont été fermés ce matin en hommage à M. Bolante Idowu Alo, ainsi qu’à nos ami-es, membres de la famille et voisin-es expulsé-es. Les militant-es bloquent toutes les portes du bâtiment et les employé-es ne peuvent pas entrer dans le bâtiment pour continuer leur travail.

«Nous voulons nous assurer que les affaires ne puissent pas continuer comme d'habitude. M. Bolante Idowu Alo est mort violemment entre les mains de l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) : nous ne pouvons pas les laisser continuer comme si de rien n'était. Nous voulons que les agents de l'ASFC s'arrêtent et réfléchissent à ce qu'ils font. Nous voulons que la société non seulement condamne cette violence scandaleuse, mais qu'elle agisse pour l'empêcher de se reproduire », a déclaré Moira Quinn de Solidarité sans frontières.

M. Alo a vécu au Canada pendant 13 ans. Il a répété à plusieurs reprises aux responsables canadiens que sa vie était en danger au Nigeria. L'ASFC a néanmoins procédé à son expulsion le 7 août; M. Alo est décédé peu de temps après il a été enlevé de l’avion qui était censé le déporter.

«Nous menons cette action parce que nous voulons protester contre la normalisation de la violence de l'ASFC, contre les déportations et les détentions de migrant-es et de réfugiés. Nous voulons tenir l'ASFC pour responsable. M. Alo n'est pas la première personne à mourir alors qu’il est détenu par l'ASFC. Et il n'aurait jamais dû être menacé d'expulsion en premier lieu. Nous nous rappelons également d'autres amis, membres de nos famille et nos voisins qui ont été détenus et déportés du Canada par l'ASFC dans le passé, laissant un grand vide dans nos vies et nos communautés », a déclaré une amie de Lucy Francineth Granados, qui a été expulsé le 13 avril 2018.

En 2016, le Canada a émis 11 733 mesures de renvoi : certains sont partis «volontairement», d'autres ont été expulsés, d'autres sont restés et sont devenus des migrant-es sans papiers. Parmi les migrant-es qui ont traversé la frontière de façon irrégulière au Canada pour fuir le régime de Trump, et dont les cas ont été entendus, moins de 50% ont été acceptés comme réfugiés. Ce chiffre tombe à 10% dans le cas des Haïtien-nes. Les personnes dont la demande de statut de réfugié est refusée sont condamnées à retourner dans leur pays de citoyenneté, y compris en Haïti, bien que le Canada ait émis un avertissement concernant les voyages en Haïti.

Pour soutenir cette fermeture, des personnes se sont rassemblées devant les bureaux de l'ASFC pour un deuil public de M. Alo et de nos ami-es et voisin-es déporté-es. Un cercueil a été placé devant le bâtiment. Des personnes avaient aussi des silhouettes noires avec les noms d'ami-es déporté-es. Le rassemblement demande l'abolition du nouveau Ministère de la sécurité frontalière, un moratoire sur les déportations vers Haïti et la fin des expulsions de réfugié-es et migrant-es.

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