Journée internationale pour l’élimination de la violence faite aux femmes

AUX MEDIAS, A LA POPULATION.

MANIFESTONS LE SAMEDI, 26 NOVEMBRE : LES FEMMES RÉSISTENT À LA MILITARISATION, À L’OCCUPATION ET AUX GUERRES D’AGRESSION !

Samedi 26 novembre 2016 à 13h00
Départ : Place Norman Bethune, métro Guy-Concordia


À l’approche du 25 novembre, la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, il est important de se rappeller que l’une des pires formes de violence, très répandue, subie par les femmes provient des guerres d’agression, du militarisme et de l’occupation.

Cette journée a été officiellement adoptée par l’ONU pour marquer l’assassinat des trois sœurs Mirabal en République dominicaine, où elles furent brutalement tuées à cause de leur opposition à la dictature de Trujillo en 1960. Ces femmes sont des symboles de la résistance populaire et féministe. Elles sont des héroïnes de notre mouvement international.

Aujourd’hui, la violence envers les femmes reste toujours un fléau dans notre société : violence domestique, violence systémique d’État et des politiques racistes anti-immigration, violence de la pauvreté, du manque de services et des dures conditions de travail. 

Marie Boti partage "Tout cela se passe au Canada dans le contexte d’une société d’abondance, où les grandes corporations et les banques engrangent des profits vertigineux tout en payant peu ou pas d’impôts et où la revendication de 15$ comme salaire minimum est considérée comme scandaleuse. L’hypocrisie n’a pas changé sous le nouveau gouvernement Trudeau qui crée enfin une Commission d’enquête sur l’assassinat et la disparition de centaines de femmes autochtones tout en poursuivant avec le projet des oléoducs et gazoducs dans le but d’extraire les ressources sur les terres autochtones. Ce qui détruira leur vie et leur avenir. "

Nous, les Femmes de diverses origines, ne pouvons oublier que le Canada est une puissance impérialiste engagée dans des efforts de guerre qui laissent des milliers de femmes du Moyen-Orient et d’ailleurs dans le monde ensevelies sous les décombres des villes en ruine, fuyant les bombardements et les mortiers. Le Canada contribue à la militarisation de l’aide humanitaire en Haïti, vend de l’équipement militaire aux régimes réactionnaires comme l’Arabie saoudite, et a participé à des interventions pour forcer le changement de régime au Honduras et ailleurs.

Les agressions américaines et de l’OTAN, ainsi que leurs guerres par procuration en Asie de l’Ouest (Moyen-Orient) et en Afrique, ont causé une destruction massive. En même temps, on utilise la soi-disant guerre contre le terrorisme pour réprimer les mouvements qui s’opposent au pillage des terres et des ressources ainsi qu’à la destruction de l’environnement. Toutes ces agressions touchent particulièrement les femmes et les enfants contribuant à la migration forcée de millions de personnes.

La violence sexuelle contre les femmes comme stratégie militaire n’est pas nouveau. Nous nous rappelons des femmes dites de « réconfort » en Asie du l’Est et du Sud-Est utilisées par l’armée japonaise comme esclaves sexuelles pendant la Seconde Guerre mondiale. Aujourd’hui, la violence sexuelle envers les femmes dans les guerres perdure. Le corps de la femme devient un trophée de guerre, utilisé pour torturer, intimider, punir et détruire la structure des communautés. Au Congo, Ruanda, Sierra Leone, Bosnie-Herzégovine, Guatemala, Colombie, Haïti, une majorité de femmes ont subi une forme de violence sexuelle durant les conflits armés, crimes commis majoritairement par des militaires et des paramilitaires. L’imposition de l’ordre par la force, la peur et l’abus, s’infligent selon des schémas patriarcaux de l’exercice de l’autorité. 

Toutefois, la mise en branle des engins de guerre par les impérialistes pour contrôler le monde et ses ressources, ne fait que déclencher la résistance des femmes et des peuples du monde entier.

Les femmes palestiniennes et le peuple palestinien résistent depuis plus de 68 ans à l’apartheid sioniste de l’occupation israélienne, supporté militairement, économiquement et politiquement par l’impérialisme américain et son ardent allié le Canada. Cette politique reste inchangée sous le gouvernement Trudeau.

En Inde, un autre allié fidèle du Canada, l’impunité accordée aux militaires dans certaines parties du pays par la Loi sur le pouvoir des forces spéciales (AFSPA) est fortement contestée. Au Cachemire, sous occupation militaire, les femmes confrontent courageusement les soldats, même aux prix de leur vie. À Manipur, les femmes protestent depuis des années contre l’AFSPA et dénoncent les viols et les meurtres par les militaires qui ont été déployés dans leur région.

Nous avons vu les femmes de Sahraoui se battre pour leur souveraineté économique et politique contre l’occupation du Maroc, où le géant canadien Potash Corp. exploite une des plus grandes réserves de roches de phosphate au monde.

Nous sommes solidaires avec les femmes kurdes qui prennent les armes au Rojava pour défendre leur terre et leur droit d’exister en tant que peuple.  
Tess Tesalona says: "Nous sommes inspirées par les femmes autochtones aux Philippines qui se tiennent debout devant les paramilitaires et les troupes gouvernementales qui ouvrent le chemin aux minières étrangères et à d’autres projets extractivistes." 

Nous nous joignons à elles pour résister à l’agression minière à l’étranger tout comme chez nous. 

Nous sommes solidaires à la résistance à l’implantation du Pipeline Dakota Access par la tribu Sioux de Standing Rock et les membres de plus de 100 tribus de tous les États-Unis et du Canada.

Amelia Moreno dit: "Nous honorons Berta Cáceres et la lutte du peuple Lenca au Honduras, qui lui a coûté la vie en mars de cette année, mais aussi la lutte menée par les femmes équatoriennes connue sous le nom de « La pacha Mama » pour défendre leur territoire. "

Nous refusons d'être trompées en soutenant des changements de régime par les États-Unis, qui s’ingèrent dans la gouvernance des pays d'Amérique latine qu'ils considèrent comme leur arrière-cour. Nous sommes solidaires du peuple et des femmes du Venezuela qui résistent à la pression de renverser leur Président ; nous nous tenons debout avec le peuple et les femmes de Cuba qui tiennent fermement à leurs principes alors que les É-U, hypocritement, rétablissent les relations diplomatiques, tout en maintenant le blocus économique criminel imposé depuis 60 ans à Cuba.

Alors que les tentatives de pourparlers de paix ont été manipulées, menant à une première défaite des forces de l'opposition de droite en Colombie, la lutte pour la paix fait des progrès aux Philippines, où le mouvement révolutionnaire négocie avec le gouvernement en plaçant sur la table les exigences économiques, sociales et politiques du peuple comme partie intégrante de l'ordre du jour. On ne discutera pas de désarmer les forces révolutionnaires sans aborder les racines de ce conflit armé vieux de 47 ans. En Inde, les Dalits et les femmes paysannes pauvres sont engagées dans la lutte armée contre un État indien qui nie leur pauvreté, leur exploitation et leur oppression depuis des décennies.

Les femmes du monde entier prennent leur place dans ces luttes, ces actions de protestations, ces grèves. Elles doivent surmonter pleins de défis et de difficultés, allant jusqu’à briser les traditions, afin de rejoindre les fronts de lutte du peuple. Nous n’avons pas le choix que de défendre notre terre, nos emplois, la liberté, la véritable démocratie et la paix. La paix juste et durable qui est liée à la lutte pour la souveraineté nationale, la justice sociale et la liberté véritable.
Ainsi, nous, Femmes de diverses origines (FDO), membre de l’Alliance internationale des femmes (IWA), appelons nos groupes membres et allié(e)s de tous les secteurs à une marche pour commémorer cette Journée internationale pour l’élimination de la violence faite aux femmes. Marchons toutes et tous ensemble pour éliminer la violence contre les femmes et souligner la nécessité de se battre pour la paix ici et dans le monde.

Femmes du monde, Unissons-nous!
Arrêtez la violence faite aux femmes!
Non au militarisme, aux occupations et aux guerres d’agression!
Les femmes disent non à la guerre impérialiste!
Les femmes veulent la paix avec la justice!
Pas de sang pour le pétrole!
Pas de sang pour l’or!
Protégez la terre, nos droits, la liberté et la dignité!
Arrêtez le viol et le pillage de notre Terre-mère ainsi que le viol et le pillage du corps des femmes!

 -30-


Contacts:

Amelia Moreno: 514 963 80 64
Marie Boti: 514 568 87 46