Jour de l’indépendance du Guatémala : rien à célébrer pour les travailleurs agricoles

Avis aux médias

Jour de l’indépendance du Guatémala : rien à célébrer pour les travailleurs agricoles

Nous continuons à être marginalisés, exploités et exclus au travers du Programme des travailleurs agricoles saisonniers (PTAS) du Québec

 

Conférence de presse

Lundi, le 15 septembre 10h

4755 Van Horne Avenue, bureau 110

Noe Arteaga

Noé Arteaga, ancien travailleur agricole saisonnier du Guatémala pour l’entreprise « Savoura » et bénévole au Centre des travailleurs immigrants

Le programme de travailleurs étrangers temporaires du secteur agricole a été développé grâce à des accords intergouvernementaux, comme l’accord entre le Canada et le Guatemala pour l’octroi de visas de travail temporaire au travailleurs provenant du Guatemala. Les différents programmes de travailleurs temporaires du Canada, parmi lesquels se trouve le programme de travailleurs agricoles, sont remis en question depuis longtemps à cause des violations systématiques des droits que souffrent les travailleurs immigrants. Ces violations sont dues à la combinaison du statut de l’immigrant et de la dérégulation du marché du travail. La dérégulation du marché du travail augmente continuellement la précarité des travailleurs, et cette précarité s’étend non seulement aux travailleurs immigrants, mais aussi aux citoyens canadiens.

Le Programme des travailleurs agricoles saisonniers (PTAS), qui fait partie du Programme de travailleurs étrangers temporaires, est régi par des accords intergouvernementaux, comme l’accord entre le Canada et le Guatemala. Ces programmes sont remis en question par des spécialistes de l’immigration, des activistes et des organisations communautaires et de droits humains à cause de leurs violations systématiques des droits humains. Les travailleurs immigrants sont vulnérables à cause de leur statut d’immigrant et de la dérégulation du marché du travail. La dérégulation du marché du travail augmente continuellement la précarité des travailleurs, et cette précarité s’étend non seulement aux travailleurs immigrants, mais aussi aux citoyens canadiens.

Les changements proposés par le projet de loi n°8, déjà dénoncé par Noé et par d’autres bénévoles du Centre des travailleurs immigrants, vont amplifier l’exploitation des travailleurs immigrants temporaires. Selon les modifications proposées dans le projet de loi n°8, les dispositions des sections 1 et 2 du chapitre II, ainsi que les chapitres III à V du Code du travail ne seraient plus applicables aux travailleurs des entreprises agricoles employant moins de trois employés (article 111.27). De cette manière, on exclurait ces travailleurs de la législation qui régule les processus de syndicalisation et d’organisation des travailleurs. La syndicalisation est un droit fondamental pour n’importe quel travailleur et est nécessaire afin d’établir des conventions collectives qui garantissent que les employeurs respectent les droits fondamentaux des travailleurs.

La couverture médiatique du cas de Noé a permis de rendre visible les conditions injustes de travail et les violations de droits qui ont lieu dans le Programme des travailleurs agricoles saisonniers. Cela a aussi permis d’attirer l’attention sur le manque de régulation des activités des employeurs et des agences de placement. Le cas de Noé démontre qu’il ne se traite pas d’un problème de quelques « pommes pourries », comme l’affirme le discours officiel, mais qu’il se traite bien d’un problème structurel dans les programmes eux-mêmes.

Noé travaillait pour l’entreprise agricole Savoura. Cette entreprise le congédia en raison de ses plaintes pour injustices et pour mauvaises conditions de travail. Cependant, Noé retourna à Montréal en 2009 pour entreprendre des procédures judiciaires contre Savoura pour congédiement illégitime. Cette action en justice n’avait aucun précédent dans le programme des travailleurs étrangers temporaires et était importante afin de récupérer la dignité et les droits des travailleurs temporaires du secteur agricole. Noé Arteaga exige de son ancien employeur qu’il le réintègre dans la fonction qu’il occupait; il exige aussi le payement de ses heures supplémentaires, le remboursement de son billet d’avion au Guatemala et des excuses publiques de la part de l’entreprise.

 

Cependant, après plus de cinq ans et malgré une grève de la faim réalisée par Noé, le processus judiciaire amorcé par Noé n’a toujours pas reçu de verdict. Le délai souligne la vulnérabilité des travailleurs étrangers temporaires aux abus et à l’exploitation. Les difficultés que les travailleurs étrangers affrontent pour pouvoir demander justice signifient que les employeurs peuvent abuser de ces travailleurs en toute impunité. Beaucoup subissent ces violations des droits humains et du travail sans avoir la possibilité de demander la résidence permanente.

contact 438-878-5416

 

Source :

Association Des Travailleurs/Euses Étrangers Temporaires

http://iwc-cti.org/attet/
Tél. 514-342-2111

Cette liste est un fil de presse en français pour les groupes militants à Montréal.

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