Il est temps que le Canada honore ses obligations envers la Palestine

Plus de 60 syndicalistes, des journalistes, des professeurs, et des membres de l’église unie, appellent Israël à respecter le droit international 10 ans plus tard

Il est temps que le Canada honore ses obligations envers la Palestine

Il y a 10 ans aujourd’hui, la Cour internationale de justice (CIJ) statuait que le Mur de séparation géant qui ceinture et charcute les Territoires palestiniens est illégal.

Saisi par l’Assemblée générale des Nations unies, le bras juridique de l’ONU émettait le 9 juillet 2004 un Avis consultatif déclarant que « la construction du Mur (par Israël, puissance occupante), et le régime qui lui est associé (imposé auX Palestinien(ne)s), sont contraires au droit international ».

L’Avis de la CIJ estimait qu’ « Israël ne saurait se prévaloir du droit de légitime défense ou de l’état de nécessité, pour se soustraire à l’illicéité de la construction du Mur ».

La CIJ réclamait que le Mur soit démantelé, que les résidant(e)s soient compensé(e)s pour dommages subis, et que les États membres de l’ONU, dont le Canada, prennent les mesures nécessaires pour qu’Israël se conforme à la 4e Convention de Genève (GCIV) – dont le Canada est signataire.

À l’abri du Mur, main basse sur terres et ressources

Le Mur d’Israël ne suit pas la Ligne verte qui le sépare de la Cisjordanie. Il s’enfonce en Territoire palestinien, protégeant les colonies de peuplement juives illégales, expropriant des terres arables et des réserves d’eau vitales pour les Palestinien(ne)s, et isolant plusieurs villes et villages de Cisjordanie.

Cet important anniversaire met en lumière deux positions contraires face au conflit Israël/Palestine. Le gouvernement Harper et Israël prônent l’annexion de toujours plus de Territoires palestiniens, tout en maintenant une occupation et un état de siège débilitants. À l’opposé, l’ONU, la société civile mondiale, et de plus en plus d’États. s’emploient à rechercher la fin de l’occupation et le rétablissement des droits humains des Palestinien(ne)s par des voies diplomatiques et pacifiques.

Il incombe à Israël, puissance occupante, de mettre fin aux conditions qui alimentent ce violent conflit – dont les plus récentes victimes ont été des adolescents israéliens et palestiniens brutalement assassinés.

La GCIV a trait à la protection des civil(e)s en temps de guerre. Elle impose aux puissances occupantes des obligations précises quant au transfert de populations, à l’éducation des enfants, à la destruction de propriétés, et aux services médicaux (Articles 47 à 78).

En d’autres mots, Israël viole la Convention de Genève en construisant des colonies juives à l’intérieur de la Cisjordanie palestinienne, et en utilisant ensuite le Mur de séparation pour annexer les terres des colonies et pour les intégrer à son propre territoire.

L’Avis de la CIJ et la Campagne BDS globale

À l’occasion du 1er anniversaire de l’Avis consultatif de la CIJ, le 9 juillet 2005, près de 200 organisations de la société civile palestinienne ont lancé une campagne globale de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) pour amener pacifiquement Israël à mettre un terme à l’occupation et à la colonisation sionistes, à démanteler son Mur de séparation, à reconnaître les droits des Arabes Palestinien(ne)s d’Israël à l’égalité citoyenne pleine et entière, et à respecter les droits des réfugié(e)s palestinien(ne)s de rentrer et de reprendre possession de leurs propriétés selon les termes de la résolution 194 de l’ONU.

Avec le soutien d’importantes personnalités comme Mgr Desmond Tutu, figure iconique de la résistance à l’Apartheid sud-africain, de rapporteurs spéciaux de l’ONU sur les droits humains et sur la Palestine, et d’intellectuelles publiques comme Naomi Klein et Alice Walker, la Campagne BDS continue de croître et affiche l’ampleur d’un dynamique mouvement global qui relie des étudiants, des syndicats, des Églises, des organisations de droits humains, et même des États, du monde entier.

De nombreux syndicats canadiens et québécois, comme le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP/ CUPW), la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ), Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSE) , des organisations comme la Fédération des femmes du Québec (FFQ) et les Artistes pour la paix, et des partis comme Québec Solidaire (QS), et bien d’autres encore, soutiennent activement la Campagne BDS.

Engagement croissant des syndicats et des Églises

Le BDS cible les relations d’affaires, la coopération militaire et sécuritaire, et les échanges culturels et académiques avec Israël. La revue The Economist rapportait début 2014 que le BDS « est en train de devenir dominant comme fait de société » avec « le retrait d’investissements de certains fonds de pension européens », et « l’annulation de contrats par certaines grandes sociétés ».

Il y a quelques semaines, l’Église presbytérienne des Etats-Unis a voté pour retirer ses investissements de Hewlett-Packard, Motorola Solutions et Caterpillar – en se fondant sur leur passé de complicité dans l’oppression et le déni des droits humains des Palestinien(ne)s. L’Église unie du Canada a approuvé en 2012 un boycott limité de produits israéliens en provenance des Territoires occupés.

Réunie à Liverpool la semaine dernière, Unite, la plus grande centrale syndicale du Royaume-Uni (1,4 million de membres dans tous les secteurs d’activités), a décidé d’adhérer à la Campagne BDS. Le congrès a condamné « la persécution » et « le nettoyage ethnique » exercés par Israël à l’encontre du peuple palestinien, « la torture des enfants » et « les lois racistes » dirigées contre les Palestinien(ne)s citoyen(ne)s d’Israël.

Les USA et l’UE s’impatientent – Et le Canada ?

Comme il continue de construire des colonies juives en Terre occupée, Israël fait l’objet de critiques de plus en plus ouvertes de la part des USA et de l’UE. Suivant la directive de la CIJ, l’Union européenne accroît la pression : l’Espagne et l’Italie viennent de se joindre à la France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne pour conseiller à leurs citoyen(ne)s de ne pas investir dans les colonies israéliennes.

Avec l’ONU, l’UE considère illégales les colonies israéliennes sur les Territoires occupés. L’Espagne a déclaré que les colonies « constituent un obstacle à la paix » et entravent les efforts pour résoudre le conflit Israélo-palestinien via une solution de deux États.

Le Canada et le Québec ont été à l’avant-garde du mouvement de boycott, désinvestissement et sanctions contre l’Apartheid sud-africain. Il est aujourd’hui temps pour le gouvernement du Canada de se joindre à la Campagne BDS et de mettre tous ses moyens et toute son influence au service de l’appel vieux de 10 ans de la CIJ pour que soit démantelé le Mur israélien et que soient restaurés les droits humains des Palestinien(ne)s. Le Canada se doit enfin d’œuvrer de plain-pied à la recherche d’un règlement diplomatique à ce conflit israélo-palestinien qui ne cesse de pourrir depuis 66 ans.

Les signataires individuels: Aroa El Horani Amir Maasoumi, Poète Membre des Artistes pour la Paix
Aalya Ahmad, Ph.D.Communications spécialiste, Syndicat canadien des travailleurs des postes
Aziz Choudry, proffeseur Université McGill, membre du Collège et Université travailleurs et travailleuses unis (CUWU)
Abby Lippman membre de l’Université McGill de professeur Emiratus et Voix juives indépendantes
Ann E. Pollock
Beatriz Helena Muñoz Ramírez militant
Bob Aubin de Joliette
Bruce Katz Membre de Palestiniens et Juifs Unis
Brian Aboud, Collège Vanier
Carol Rawson
Cindy McCallum Miller, président du STTP Castlegar locale
Église Unie ministre Curtis Marwood-retraités
Christian Martel Directeur national STTP Région du Québec
Chadi Marouf, membre de Palestiniens et Juifs Unis
Charles Beckett, membre de l’Église Unie du Canada,
Charlotte Gaudreau, Beyrouth
Clotilde Bertrand, Membre de l’unité palestinienne et juive
Dave Bleakeny, Syndicat des Travailleurs ET Travailleuses des Postes
David Heap, London, Ontario, People for Peace, Londres.
Daniel-Jean Primeau
Aube Robichaud Denise Ouellet
Danièle Lacourse,
Dominique Daigneault, Conseil central du Montréal métropolitain – CSN
Donald Grayston, Building Bridges de Vancouver, l’église anglicane
Diane Lamoureux, Professeure Université Laval
Denis Kosseim, membre du comité internationaux de solidarité de la CSN
Denise Ouellet
Denis Barrette, avocat
Rev Desmond Jagger-Parsons Église Unie du Canada
Newtown, Terre-Neuve-et-Labrador
Elizabeth Block, Toronto, ON IJV, NION (Not In Our Name), Comité des femmes juives `s pour mettre fin à l’occupation
Arche de Gaza d ‘Ehab Lotayef
Eric Shragge, professeur retraité de l’Université Concordia
Evert Hoogers
Ginette Boivin
Guylaine Maroist
Françoise Miquet,
Fadi Shibti
Feroz Mehdi, Alternatives International
Freda Guttman, Tadamon!
Fred Jones
George Bartlett, avocat à la retraite et membre de l’Église Unie
Hassan Husseini
Jasmin Pierre, Artistes pour la paix
Jooneed Khan ancien scénariste de La Presse
John Turnbull, de Vancouver, membre CanPalNet
Joane Bourge
Jean Rands
Jean Léger,
Jérémie Bédard-Wien
Joy Moore, Collège Dawson College et de l’Université travailleurs et travailleuses unis
Ken DeLisle, Église Unie du Canada
Kevin Gould, professeur à l’Université Concordia, Collège et Univesity travailleurs et travailleuses unis
Laurence Guénette
Lesvia Vela, Guatemala / Canada
Lorraine Guay, Coaliiton pour la Justice et la Paix en Palestine
Marcel Duhaime
Mira Khazzam, Membre coentreprise Canada
Michaël Séguin, Réseau Unies pour une paix juste en Palestine et en Israël (UNJPPI).
Mahmoud Abdelal, Tadamon
Mostafa Henaway, Centre des travailleurs immigrants
Michelle Hartman, Professeur Mcgill University College et de l’Université travailleurs et travailleuses unis
Marion Pollack, Membre d’un syndicat à la retraite
Ormsby Ford, Québec Solidaire
Patricia Mercer, Membre de l’Église Unies
Paul Eid, Professeur Département de Sociologie, UQAM
Richard Langlois, Relations internationales Centrale des syndicats du Québec
Rushdia Mehreen
Rachad Antonius, Professeur, UQAM
Ronald Cameron, Alternatives
Sabine Friesinger, Palestiniens et Juifs unis
Samir Benmakrelouf
Scott Weinstein, Voix juives indépendantes
Séverine Defouni
Sid Shniad membres, comité national de pilotage Voix juives indépendantes Canada
Susan Stout commerce membre de l’Union branche de CanPalnet retraite Unifor locale 2002
Rev Steve Bérubé, États-Saint-Paul
Tami Brushey-STTP
Yves Rochon
Yom Shamash – IJV Vancouver

Organisations
CanPalNet (Canada – Réseau de soutien de la Palestine)
alternatives
alternatives International
Artistes pour la Paix
Association pour juin solidarité syndicale étudiante (ASSE)
Fédération de la CSN-Construction