Des organisations canadiennes haussent leur voix contre la menace fasciste au Brésil

Montréal, 29 octobre 2018 – Le 25 octobre, des agents de la police fédérale et militaire ont fait des incursions dans au moins 20 universités du pays. Le climat d'inquiétude s’aggrave en relation à la garantie de la démocratie au Brésil.

Quelques jours avant le deuxième et dernier tour des élections présidentielles au Brésil, 35 organisations canadiennes se joignent au collectif Brésil-Montréal pour exprimer leur profonde préoccupation face aux dernières dénonciations de violation non seulement de la législation électorale, mais également des garanties des droits fondamentaux des citoyen.ne.s brésilien.ne.s .

La déclaration des organisations canadiennes devient encore plus pertinente après ce qui s’est passé le 25 octobre. Partout au pays, des campus universitaires et des syndicats d’enseignants ont fait l’objet d’actions controversées menées par les tribunaux électoraux régionaux et les forces policières. Selon certaines informations, la police serait entrée sans mandat officiel dans les facultés, aurait interrompu les débats et des cours et ont ramassé des publications même s’elles n’avaient pas de lien avec les élections. Cette action a été rejetée par la communauté universitaire ainsi que par des entités reconnues telles que l’Ordre des Avocats du Brésil (OAB).

Le contexte

Depuis le premier tour des élections, le 7 octobre, une vague de violence a envahi les rues de plusieurs villes au Brésil. Au moins 50 actes de violence ont été commis par des partisans du candidat Jair Bolsonaro, connu pour ses discours haineux contre les femmes, les populations autochtones, les personnes racisées et LGBTQ+ et les mouvements sociaux dans leur ensemble. Voulant retirer le Brésil de l’Accord de Paris sur les changements climatiques, on devra s’attendre à une vague de déforestation et de menaces pour la forêt amazonienne qui doit être protégée sans plus attendre dans le contexte des bouleversements climatiques. Il promet également de revoir la démarcation des terres autochtones et de défendre l'armement des citoyens en tant que solution pour mettre fin à la violence dans les zones rurales et urbaines.

Connu par ses déclarations qui honorent la dictature militaire, Bolsonaro propose un programme qui menace les avancées politiques, économiques, sociales, environnementales et culturelles obtenues au cours des quatre dernières décennies.

Pour toutes ces raisons, l’avance  de Bolsonaro sur le deuxième candidat dans la course électorale a causé une grande surprise. Cependant, le 18 octobre, le journal Folha de São Paulo a révélé qu’au moins quatre entreprises auraient dépensé des millions de dollars pour payer des services de distribution en masse de faux messages au profit de Bolsonaro, par le système de messagerie instantané via réseau mobile Whatsapp, et ça pourrait avoir interféré les résultats.

Après les dénonciations, Bolsonaro a élevé le ton et a commencé à menacer la presse de coupes budgétaires dans la publicité du gouvernement et a aussi déclaré, le 21 octobre, que, s’il était élu, tous les  activistes et mouvements sociaux liés à la gauche devraient quitter le pays ou aller en prison.

Face à ces événements et à la tendance d’avoir des tensions sociales même après l’élection, le Collectif Brésil-Montréal et les organisations signataires canadiennes estiment qu'il est d'une importance capitale que la communauté et la presse internationales soient attentives aux violations des droits de la personne.

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Contacts :

1) Francisco Loiola Membre du Collectif Brésil-Montréal – une organisation sociale non partisane composée de Brésilien.ne.s vivant au Canada. Professeur Titulaire du Département de psychopédagogie et d’andragogie de la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université de Montréal – (514) 725-9263 / (514) 206-2671

2) Guilherme da Silva, avocat au Barreau du Québec et au Barreau du Brésil, candidat à la maîtrise en droit à l'UQAM – (514) 570-1331    


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