Déclaration pour les « Journées contre les déportations »

Non aux déportations! Un Statut pour Tous et Toutes!

Les Journées contre les déportations incluent deux semaines d’activités et d’événements, du 1er au 15 juin, dont la marche annuelle Un Statut pour toutes et tous au Centre-Ville de Montréal, le 7 juin (14h, au Carré Normand Bethune). Les journées contre les déportations sont organisées par la Coalition Un statut pour toutes et tous, contre les déporations, les détentions et la double peine et en appui à une Cité sans frontières et pour la régularisation de toutEs les immigrantEs qui ont un statut précaire. Calendrier des événements : www.statusforall.org/fr


– Il y a plus de 500,000 migrant.es vivant sans papiers au Canada, au moins 50,000 d’entre-eux/elles vivent à Montréal. Les migrant.es sans papiers sont incapables d’accéder à des soins de santé, d’inscrire leurs enfants dans les écoles publiques, d’accéder aux banques alimentaires, aux maisons d’hébergement et autres services. Ils et elles vivent dans la peur constante d’être détenu.es et déporté.es.
– L’année dernière, plus de 350 000 travailleur.euses immigrant.es temporaires sont entré.es au Canada – soit plus que toutes les catégories d’immigration permanentes combinées.
– Les demandes d’asile ont été réduites de moitié sous la loi sur l’exclusion des réfugiés de 2012. Cette loi nie le droit d’appel sur les décisions et limite, sur la base de la nationalité, les différentes avenues légales possibles pour les demandeur.es d’asile.
– Les programmes de réunifications familiales ont été drastiquement réduits notamment avec l’application d’un moratoire sur les demandes des parents et des grand-parents voulant immigrer en 2013.
– Le Canada détient entre 9000 et 15 000 im/migrant.es chaque année, incluant des enfants ; ils et elles sont parfois détenu.es pendant plusieurs mois parfois même plusieurs années.
-En 2013, plus de 15 000 ont été déporté.es du Canada. C’est plus de 40 personnes par jour. Près de 90 000 personnes ont été déportées sous le régime de Harper.
Le système d’immigration canadien a toujours été basé sur l’exclusion de certains groupes d’individus. La main d’oeuvre migrante fait partie depuis longtemps de la construction du Canada colonial ; des travailleur.euses d’origine chinoise qui ont construit le réseau ferroviaire canadien au tournant du 20e siècle aux premiers travailleurs migrants «officiels» venus de la Jamaïque pour travailler sur les fermes canadiennes dans les années 60. Depuis dix ans, les changements apportés aux politiques d’immigration ont ancré plus visiblement encore le caractère discriminatoire de ce système temporaire tout en rendant la voie vers l’immigration permanente et la citoyenneté inaccessible pour la majorité de ceux et celles entré.es au Canada.
Le Canada est fondé sur la colonisation et la marchandisation des peuples autochtones, de leurs ressources et de leurs terres. Ces déplacements et dépossessions perpétuels des communautés autochtones créent l’espace nécessaire au marché capitaliste pour établir sa propre nécessité d’une main d’oeuvre jetable et exploitable. Ceci permet la création de politiques racistes qui normalisent et justifient l’exclusion des personnes racisées d’un statut complet au Canada. Nous rejetons les catégories coloniales imposées par l’État qui considèrent certains groupes d’individus comme des marchandises et ce, tout en divisant et en imposant des politiques de terreur autant sur des communautés ayant immigré que sur celles vivant sur ces terres depuis des temps immémoriaux.
L’immigration au Canada est de plus en plus dominée par des intérêts privés qui tirent profit des politiques de détentions et de déportations des migrant.es, de la sécurisation croissante des frontières et, bien entendu, des programmes de travailleur.euses temporaires qui sont tous à l’initiative des employeurs et propriétaires canadiens. En 2013, le gouvernement canadien a dépensé plus de 54$ millions pour incarcérer les migrant.es dans des centres de détentions qui sont, eux, gérés par des compagnies privées comme G4S et Garda. Cette privatisation signifie que les migrant.es sont perçu.es de plus en plus par l’État canadien comme des objets exploitables par leur criminalisation et leur statut précaire.
Le récent moratoire sur le secteur de la restauration bloquera au bas mot 44 000 migrant.es du programme, dont beaucoup ont déjà déboursé plusieurs milliers de dollars à des recruteurs et sont endettés. Cette politique cible les travailleur.euses et ce, sans aborder le racisme et les abus sous-jacents au Programme des travailleur.euses étranger.ères temporaires. Appeler à un moratoire qui exclut plutôt que fournir des trajectoires décentes vers un statut permanent est de facto un appel à l’exclusion massive de personnes racisées.
Un Statut pour tous et toutes ! Plus une seule déportation ! Decolonisons le Canada! Ensemble, construisons une Cité sans frontières fondée sur l’entraide et la résistance !
Contacte : www.unstatutpourtousettoutes.org ou 438-933-7654
Nous faisons partie de la coalition Un Statut pour Tous et Toutes qui comprend divers groupes et individus qui supportent activement les communautés migrantes. Nous nous mobilisons autour de quatre grandes revendications : la fin des détentions, la fin des déportations, la fin de la double-peine et le Statut pour tous et toutes. Nous croyons que tout le monde doit pouvoir avoir la liberté de se déplacer, de résister à un déplacement forcé, et de retourner à leur terre natale. Nous rejetons les frontières issues de la colonisation, les catégories coloniales de l’État canadien et nous appuyons les luttes pour la souveraineté des peuples autochtones et leur auto-détermination.