Conf. de presse aujourd’hui @ 10h30. Le Canada continue d’expulser les réfugié-es Roms: Une adolescente Rom et sa mère sont menacées d’être déportées ce jeudi

Le Canada continue d’expulser les réfugié-es Roms: Une adolescente Rom et sa mère sont menacées d’être déportées ce jeudi

Conférence de presse
Mardi le 10 mai à 10h30
1500, de Maisonneuve ouest, 204, Montréal

Montréal, 10 Mai 2016 — Gilda Lakatos, 17 ans, et sa mère Katalin Lakatos sont menacées d’être déportées ce jeudi. La famille a quitté la Hongrie en 2011 suite au racisme qu’elle y subissait en tant que Roms. Ce racisme anti-roms a poussé le fils aîné de Katalin au suicide et explique une négligence médicale qui a failli tuer son plus jeune. Les deux femmes subissaient aussi menaces et injures à caractère sexuel et raciste.

«Le racisme est quelque chose que l’on confronte chaque jour en Hongrie: à l’école, de la part de la police, des docteurs; et ça devenait toujours pire, plus agressif. Ma mère avait peur pour nous, elle ne voulait pas ça pour nous; c’est pour ça que nous sommes partis» dit Gilda Lakatos.

La famille Lakatos espérait trouver une meilleure vie au Canada. Malheureusement, elle est arrivée dans un climat anti-réfugiés et anti-roms alimenté par l’ancien Ministre de l’immigration Jason Kenney. Une étude* portant sur les dossiers de plus de 10 000 réfugié-es hongrois, publiée en avril 2015, a montré à quel point les stéréotypes racistes contre les populations roms sont devenues « consacrés » dans les processus de traitement des dossiers de réfugiés au Canada. À l’automne 2015, la demande d’asile de la famille Lakatos a été refusée et on leur a ordonné de quitter le pays le 30 octobre. Puisque la Hongrie figure sur la liste de « pays sûrs » (« pays d’origine désignés »), la famille Lakatos n’est pas éligible pour une évaluation de risque avant renvoi (ERAR) avant 2018.

«Il s’agit clairement d’une situation que le gouvernement Trudeau, qui veut rompre avec le passé conservateur, particulièrement lorsqu’il est question de migration et de réfugié-es, a besoin de rectifier» dit Mary Foster de Solidarité Sans Frontières.

Déterminée à ne pas retourner en Hongrie, la famille est restée au Canada. Elle a ainsi rejoint les rangs des migrant-es sans statuts, une population estimée à près de 500 000 personnes au Canada et très vulnérable à l’exploitation et aux abus. Après que le père et le frère de Gilda aient été arrêtés et détenus alors qu’ils se rendaient à leur travail en février 2016, pour être ensuite déportés, les deux femmes se sont rendues par elles-mêmes. Elles sont maintenant menacées d’être déportées ce jeudi; cela malgré toutes les difficultés que les deux hommes ont rencontrés en Hongrie depuis leur renvoi.

«Je veux rester ici. Je me sens bien ici, je ne vis pas le même combat quotidien contre le racisme, j’ai l’impression d’être née ici. Je veux retourner à l’école et finir le secondaire et continuer mes études. En Hongrie je n’étais pas pas capable de continuer l’école et de finir le secondaire» dit Gilda Lakatos.

La famille a déposé une demande de résidence permanente pour circonstances d’ordre humanitaire il y a 8 mois, mais le Canada veut procéder à la déportation avant même d’avoir répondu à cette demande. Il faut rappeler que les dossiers de demandes humanitaires ne sont presque jamais acceptées une fois que la personne a été déportée.

«Il serait vraiment facile pour le ministre de la Sécurité publique Ralph Goodale d’arrêter le processus de déportation en attendant une réponse à la demande de la famille pour motifs humanitaires; c’est ce que nous lui demandons de faire» dit Foster.

Source:
Solidarité sans frontières
solidaritesansfrontieres@gmail.com
www.solidaritesansfrontieres.org

* No refuge: Hungarian Romani Refugee Claimants in Canada, Osgoode Legal Studies Research Papers Series, 2015. http://digitalcommons.osgoode.yorku.ca/cgi/viewcontent.cgi?article=1090&context=olsrps

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