Communiqué. Manif contre LeMay, Architectes de la nouvelle prison pour migrant.es à Laval

Communiqué de presse
Manifestation du quartier contre LeMay, Architectes de la nouvelle prison pour migrant(e)s à Laval

Point de départ de la marche : 14h30 à l'extérieur du métro Place Saint-Henri

Montréal, 17 février 2019 — Une firme d'architecture primée, se vantant de ses pratiques progressistes et écologiques, a été la cible d'une manifestation du quartier aujourd'hui. La firme d'architecture LeMay est visée parce qu'elle détient un contrat de deux millions de dollars pour concevoir une nouvelle prison pour migrantEs et réfugiéEs à Laval.

« Il est déplorable que la réponse du gouvernement fédéral à la grève de la faim des détenus en Ontario et aux mobilisations populaires contre l'emprisonnement d'immigrantEs et de réfugiéEs soit de mettre des millions de dollars pour construire un nouvel endroit, plus joli, pour emprisonner les gens. Que cela soit clair : nous ne voulons plus de prisons, nous ne voulons pas qu'elles soient plus agréables. En tant que membres de la communauté, nous devons nous rassembler pour mettre fin à cette pratique violente et injustifiée, » selon Sam Hoffman de Ni Frontières, Ni Prisons, un groupe qui a participé à l'organisation de la manifestation.

Les documents décrivant la nouvelle prison pour migrantEs de Laval précise que  « les clôtures soient recouvertes de façon esthétique avec du feuillage ou d’autres matériaux pour limiter son allure sévère et diminuer la possibilité d’identification claire de la clôture». Les barres de fer sur les fenêtres doivent  « passer le plus inaperçues possible pour le public extérieur», tout en maintenant néanmoins leur fonction d'enfermer les gens. Et le terrain de jeux pour des enfants sera « similaire à l’environnement d’une garderie », bien qu’une « barrière visuelle » de six pieds de hauteur garantisse que personne ne puisse voir les enfants emprisonnés et que les enfants ne puissent pas voir l'extérieur.

« Le bureau de LeMay à Saint-Henri a gagné des prix pour sa conception, mais je suis certain que ses employéEs veulent quand même quitter le bâtiment à la fin de la journée, » dit Hoffman. « Parce que peu importe la beauté d'un bâtiment, vous voudrez toujours retourner à la maison à la fin de la journée et si vous ne pouvez pas partir, c'est une prison. LeMay se vante de ses bâtiments « écologiquement durables » créant «de la valeur … pour nos … communautés», mais aide le gouvernement à mettre des migrantEs et des réfugiéEs en cage. Nous sommes ici pour dire à LeMay que c'est inacceptable. »

« À Saint-Henri, LeMay fait partie d'une vague de gentrification qui cause l'augmentation du prix des loyers et qui chasse les pauvres de ce quartier ouvrier. Au départ, le redéveloppement de ce bâtiment faisait partie d'un projet plus large de "revitalisation du quartier", mené par le groupe Mach, auquel la communauté s'était opposée, » selon Patricia Viannay du POPIR, un groupe de défense des locataires à Saint-Henri, qui a récemment tenu une séance d'information à propos de la nouvelle prison pour migrantEs.

« Il y a ici un lien à faire entre les gens chassés de Saint-Henri par la gentrification et les gens chassés de leurs pays natal par la pauvreté, qui viennent aux Canada dans l'espoir de trouver une vie meilleure. Il n'est pas surprenant que l'état puisse trouver des milliards de dollars pour emprisonner des réfugiéEs et, en même temps, coupe dans les programmes sociaux et refuse d'investir dans le logement social. Cela fait partie d'un processus global, pour concentrer les richesses entre de moins en moins de mains, dans lequel les frontières et les prisons jouent un rôle essentiel, » selon Amy Darwish de Solidarité sans frontières.

Le gouvernement canadien a aussi investit des millions pour élargir son contrôle sur les immigrantEs et les réfugiéEs en dehors des prisons. Ces soit-disant « alternatives à la détention », comme les GPS à reconnaissance vocale pour téléphones cellulaires, sont déjà à l'essai à Montréal.

« Ces nouvelles prisons pour migrantEs et ces soit-disant "alternatives à la détention" démontrent l'accroissement des capacités du gouvernement à contrôler, emprisonner et déporter des réfugiéEs et des migrantEs dont il veut se débarrasser, » dit Hoffman.

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Ni Frontières, Ni Prisons
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