Communique.Levenement pre-construction de la nouvelle prison pour migrant.es de Laval est perturbe.

Communiqué de presse

L'événement pré-construction de la nouvelle prison pour migrant(e)s de Laval est perturbé.
Les manifestant.e.s demandent aux entreprises intéressées de se retirer du processus d'appel d'offres.

Laval, le 20 février 2019 — Une manifestation et piquet bruyante a accueilli ce matin les entreprises qui envisagent de soumissionner pour la construction d'un nouveau centre de détention pour migrants à Laval, alors que les entrepreneurs tentaient de visiter le site prévu pour le chantier. Les compagnies souhaitant soumissionner pour le contrat ont été censé d'avoir une visite guidée aujourd`hui au site qui est située à côté de l'actuel centre de détention des migrant.e.s. Une trentaine de manifestant.e.s ont bloqué des représentants des compagnies de rentrer dans le site en frappant sur des casseroles, en jouant de la musique forte et en déployant des banderoles contre la détention des migrants et, plus généralement, en opposition aux frontières et aux prisons.

« Ces compagnies pensent qu'il est normal de profiter de l'emprisonnement des migrants et des réfugiés, alors nous sommes ici pour leur rappeler qu'il y a un opposition générale à cette pratique. Nous espérons qu'ils réfléchiront à deux fois avant d'accepter ce contrat », a déclaré Sophie Lefebvre, une des manifestant.e.s présent.e.s.

Des représentants ont finalement réfléchi à deux fois et ont été étonnés et perturbés d`apprendre, lors des discussions avec les manifestant.e.s, de la vraie nature du projet. Au cours d'une heure, des représentants sont partis. À environ 11h, une heure apres le début prévu de la visite, les manifestant.e.s ont quitté la scène en criant «  Pas de frontières, pas de prisons, arrêtons les déportations ! »

 La conception des installations prévues pour accueillir 158 migrants a été réalisée par les cabinets d'architectes Lemay et Groupe A. Le projet comprend des plans pour la détention d'enfants, avec un espace entouré d'une « barrière visuelle » de 1,80 m de haut pour que personne ne puisse voir les enfants. Ces dernières années, le Canada a détenu dans les installations de l'ASFC partout au Canada jusqu'à 800 enfants émigrés par an.

« Le gouvernement décrit cette nouvelle prison comme un moyen plus « humain » pour enfermer les migrant.e.s et les réfugié.e.s, mais de quelque manière qu'on l'enrobe, il est intolérable d'enfermer les gens. C'est une mesure de façade pour justifier l'injustifiable », a déclaré Mme Lefebvre.

 Bordée par deux prisons fédérales et une prison provinciale, la prison prévue sera gérée par l'Agence des services frontaliers du Canada, qui a récemment annoncé son intention d'augmenter les expulsions de plus de 30 % cette année. « Le plan pour cette prison de migrants montre que l'État canadien a l'intention de monitorer, d'emprisonner et d'expulser les migrant.e.s, et non pas de les accueillir », a ajouté Natalie Halpern, une autre manifestante.

La manifestation d'aujourd'hui fait suite à d'autres interventions récentes contre le projet de centre de détention. Dimanche 17 février, les résidents du quartier St-Henri à Montréal ont manifesté contre le cabinet d'architecture Lemay, tandis que plus tôt ce mois-ci, les bureaux de Loiselle, une entreprise impliquée dans la décontamination du site, ont été vandalisés à la peinture en bombe, avec un graffiti indiquant : « Non à la prison pour migrants. »

« Les prisons ne sont pas la réponse aux défis auxquels nous sommes confrontés dans nos communautés. Enfermer les gens, limiter leurs déplacements, les expulser vers les situations dangereuses et une mort possible, tout ça ne fait que causer davantage de violences et de souffrances. Nous voulons un monde sans prisons et sans frontières, où les gens ont ce dont ils ont besoin pour vivre dans la dignité et le respect. C'est pour cela que nous nous battons aujourd'hui », a conclu Natalie Halpern.

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