Communiqué. Des gens de partout au Québec se réunissent pour souhaiter la bienvenue aux réfugié.e.s sur le Chemin Roxham, face à l’extrême droite raciste

Communiqué de presse

Des gens de partout au Québec se réunissent pour souhaiter la bienvenue aux réfugié.e.s sur le Chemin Roxham, face à l'extrême droite raciste

Contacts pour les medias : 438-933-7654 ou solidaritesansfrontieres@gmail.com

Montréal, 16 mai 2018 — Le samedi 19 mai, des organisations montréalaises contre le racisme et pour la justice envers les migrant.e.s vont se rendre à la frontière canado-américaine au chemin Roxham pour exiger l'ouverture des frontières, pour accueillir les réfugié.e.s, et pour s'opposer à l'extrême droite raciste. Elles rejoindront des organisations alliées de la Montérégie, y compris Bridges Not Borders, dans une grande manifestation festive et familiale. Ce rassemblement haut en couleurs accueillera ceux et celles qui traversent, en opposition à la haine des racistes anti-immigrants – y compris les membres du groupe xénophobe Storm Alliance – qui appellent à un rassemblement sur le Chemin Roxham pour intimider les réfugié.e.s.

« Je suis un Palestinien de la bande de Gaza. J'étais aux États-Unis et j'ai entendu Trump parler d'expulser des immigrants. J'ai entendu Trudeau souhaiter la bienvenue aux réfugiés au Canada. J'ai donc pris un bus pour la frontière et j'ai demandé l’asile au poste frontalier. Mais ils ont dit que je n'étais pas autorisé à demander le statut de réfugié et m’ont renvoyé aux États-Unis. Alors j'ai traversé la frontière à pied et j'ai essayé de demander l’asile, mais ils m'ont dit que je ne pouvais pas faire cette demande parce que je suis d'abord allé au poste frontalier. Ils m'ont détenu pendant quatre mois et ont essayé de m'expulser. Mais Israël ne voulait pas coopérer avec le Canada, alors ils ne pouvaient pas me déporter. Finalement, ils m'ont libéré. Maintenant, je suis dans les limbes, je n'ai rien : ni papiers, ni statut, ni droits. » C’est ce qu’a expliqué Hisham Shaban, qui a quitté la bande de Gaza en 2010 pour trouver où se réfugier. Un voyage de 7000 km qui allait durer huit ans et lui faire traverser Chypre, le Venezuela, le Nicaragua, le Honduras, le Guatemala, le Mexique et les États-Unis. Shaban a pris la parole ce matin lors d'une conférence de presse pour annoncer le rassemblement.

« C’est clair que les États-Unis ne sont pas un pays sûr pour de nombreux.ses réfugié.e.s, alors que l'administration Trump continue d'intensifier sa rhétorique anti-migrants. Beaucoup de gens traversent en réponse à l'annulation par Trump des programmes de protection. Nous exigeons que le Canada annule l'Entente sur les tiers pays sûrs afin que les réfugié.e.s aux États-Unis puissent déposer des demandes d'asile en toute sécurité à n'importe quel passage frontalier », a déclaré Aaron Lakoff, de Solidarité sans frontières.

« Les réfugié.e.s noir.e.s doivent traverser la frontière canado-américaine depuis des centaines d'années pour fuir la violence raciste, et trop souvent ils et elles ont été accueilli.e.s avec hostilité ou indifférence. Puisque le gouvernement Trudeau vient de reconnaître officiellement la Décennie internationale des personnes d'ascendance africaine (une initiative des Nations unies), il est hypocrite de conserver l'Entente sur les tiers pays sûrs et de décourager les autres réfugié.e.s noir.e.s d'essayer de venir au Canada », affirme Robyn Maynard, écrivaine et activiste montréalaise, expliquant qu'un nombre disproportionné de réfugié.e.s cherchant asile au Canada sont noirs.

« Nous rejetons la notion raciste avancée par les organisateurs de la manifestation anti-réfugiés de samedi, et relayée par des politiciens démagogues, selon laquelle les réfugié.e.s qui traversent au Chemin Roxham mettent à l’épreuve les services sociaux. Le manque de logements abordables au Québec et les compressions dans notre système de santé n'ont rien à voir avec les personnes immigrantes et réfugiées, mais tout à voir avec des choix politiques », explique Olivier Prud'homme, membre de l'organisation de défense du droit au logement POPIR. « Les réfugié.e.s ne sont pas la cause de l'austérité – ils et elles en sont victimes comme toutes les autres personnes démunies et les travailleur.se.s du Québec, peu importe d'où ils ou elles viennent. »

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Contact : 438-933-7654  ou solidaritesansfrontieres@gmail.com

Source :
Solidarité sans frontières
www.solidaritesansfrontieres.org
Montréal Antifasciste
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