Communiqué de presse: Une femme sans papiers fait face à une déportation dans 4 jours : Les Montréalais·es sont outragé·e·s de l’échec de la politique de « ville sanctuaire »

Communiqué de presse

Une femme sans papiers fait face à une déportation dans 4 jours : Les Montréalais·es sont outragé·e·s de l’échec de la politique de « ville sanctuaire »

 

Montréal, 23 mars 2018 – Aujourd’hui, à midi, les Montréalais·es se réuniront sur les pas de l’Hôtel de Ville  afin de rappeler à la mairesse Valérie Plante son engagement envers le titre de Montréal en tant que « ville sanctuaire » et ses positions féministes dans le dossier de Lucy Francineth Granados. Lucy  – une mère monoparentale sans statut, travailleuse et organisatrice communautaire avec le Collectif des femmes sans statut – a été arrêtée par des agent·e·s de l’Agence des Services frontaliers du Canada (ASFC) à Montréal mardi dernier. Hier, elle s’est vue refuser sa demande de libération par la Commission de l’immigration et du statut de réfugié du Canada. Lucy est actuellement détenue au Centre de détention de Laval. Elle fait face à une déportation le 27 mars prochain.

Au petit matin, Lucy a été violemment arrêtée le 20 mars par les agent·e·s de l’ASFC à Montréal. L’arrestation a eu lieu en dépit de l’adoption par la Ville de Montréal de la politique de « ville sanctuaire » en février 2017. Depuis, des Montréalais·es ont demandé à l’administration Plante de passer des paroles aux actes. En effet, l’une des promesses électorales de Projet Montréal était de concrétiser le statut de la Ville de Montréal comme « ville sanctuaire ». 


« Lucy est mon amie et aussi ma voisine. Un matin, je me suis réveillé et elle était partie. Ils sont venus au milieu de la nuit et l’ont amenée avec eux. Je ne veux pas vivre dans une ville qui tolère ce genre de choses. Notre mairesse devrait se tenir debout pour nous ! », a affirmé Bill Van Driel, qui vit non loin de l’appartement de Lucy.   

Il y a près de dix ans, Lucy est arrivée au Canada après la mort de son mari. Elle espérait être en mesure de soutenir ses trois enfants.  Viviana Medina dit « Les femmes sans statut font face à des conditions de travail extrêmes comme l’exploitation, le manque des services de base comme les soins de santé et le risque constant de menace de déportation. Tout au long de sa campagne, Mme Plante s’est décrite comme féministe. Nous appelons la mairesse d’appuyer publiquement Lucy et ainsi donner son appui aux autres femmes sans statut qui considèrent Montréal comme chez elles. » 

Membre du Collectif des femmes sans statut et de l’Association des travailleurs et travailleuses d’agences de placement, Lucy est bien connue dans sa communauté en tant qu’organisatrice pour la justice pour les migrant·e·s et les droits des travailleus·es. « Lucy a travaillé sans relâche pour faire de Montréal une meilleure ville pour tous. C’est maintenant notre tour de lui montrer notre appui », dit Viviana Medina.

L’été dernier, Lucy a déposé une demande de résidence permanente pour motifs humanitaires dans le but de régulariser son statut. Immigration Canada est actuellement dans le processus d’évaluation de sa demande. Normalement, la réponse devrait arriver sous peu.

Les personnes soutenant Lucy demandent à Mme Plante de prendre des actions afin de s’assurer que les ministres de l’Immigration et de la Sécurité publique, MM. Hussen et Goodale, interviennent afin d’arrêter la déportation pour permettre que le dossier de Lucy soit examiné de manière adéquate. « Ce qui est absolument injuste dans cette situation c’est que Lucy était dans le processus afin de régulariser son statut par le seul moyen légal disponible et maintenant elle ne pourra jamais recevoir sa réponse », a affirmé Amy Darwish. « Si Lucy est déportée et que Mme Plante ne fait rien pour le prévenir, on peut se demander de quel genre de ville sanctuaire nous parlons ? »

 

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Contacts:

Viviana Medina: 438-881-9174

Amy Darwish: 514-992-1662

Source:

Solidarité Sans Frontières

solidaritesansfrontieres@gmail.com

Solidarityacrossborders.org

Centre des travailleuses et travailleurs immigrants