COMMUNIQUÉ DE PRESSE : Plus de 35 000 étudiant.es et stagiaires lancent la grève pour la rémunération de tous les stages

COMMUNIQUÉ

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Plus de 35 000 étudiant.es et stagiaires lancent la grève pour la rémunération de tous les stages

Tiohtià:ke (Montréal, territoire mohawk non cédé), 18 mars 2019/ Du 18 au 22 mars, plus de 35 000 étudiant.es et stagiaires font la grève partout au Québec en réponse à l’appel des Coalitions régionales pour la rémunération des stages, mettant ainsi à exécution l’ultimatum lancé l’automne dernier au gouvernement Legault. Depuis maintenant plus de trois ans, le mouvement réclame le plein salaire et des conditions de travail convenables pour l’ensemble des étudiant.es en situation de stage, à tout ordre d'enseignement.

L’automne dernier, il aura suffi d’une semaine de grève pour que le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge s’engage à se pencher sur le dossier des stages. Depuis, les rencontres se sont multipliées entre le gouvernement et les représentant.es des regroupements étudiants nationaux. Pourtant, le projet de loi déposé par la FECQ et l’UEQ en février ne correspond pas aux revendications des stagiaires qui luttent pour améliorer leurs conditions de travail. Les discussions menées en vase clos visent à catégoriser et hiérarchiser les stages. «Le ministre Roberge, avec la complicité de la FECQ et l’UEQ, s’entête à reproduire les inégalités qui traversent le système d’éducation et la société en dévalorisant le travail effectué dans le cadre de certains stages,» affirme Miriam Lafontaine, étudiante en journalisme à l’Université Concordia. «Comment se fait-il qu’on ne cherche pas à catégoriser ainsi les stages en génie ou en informatique, qui eux sont rémunérés?»

Même ceux et celles qui cherchent à déployer des solutions douteuses au problème des stages non rémunérés ont de quoi être déçu.es ce matin. Le ministre est sorti dans les médias Québécor au cours des dernières heures pour prévenir les stagiaires qu’aucune somme supplémentaire n’allait leur être consacrée dans le premier budget Girard. «Jean-François Roberge n’est visiblement pas capable de livrer la marchandise: en n’obtenant pas un minimum de financement pour la réforme anticipée, ou bien il ne prend pas sa propre démarche au sérieux, ou bien c’est le Conseil des ministres qui n’entend pas y donner suiteconstate Sandrine Boisjoli, étudiante en enseignement à l’UQAM. «Par conséquent, nous demandons à rencontrer dès que possible Jean Boulet, ministre du Travail, afin de relancer les discussions en vue de solutions tangibles à court terme, y compris en rouvrant la Loi sur les normes du travail pour y enchâsser des protections légales conséquentes pour les stagiaires.»

Alors que le gouvernement Legault déposera son premier budget jeudi, les stagiaires entendent maintenir la pression afin de s’assurer qu’un montant sera réservé pour rémunérer l’ensemble des stages. De nombreuses associations étudiantes ont déjà prévu des assemblées générales afin de reconduire la grève dans l’éventualité où les stagiaires seraient effectivement exclu.es du budget. «Qu’on cesse de nous demander d’être patient.es d’un côté et d’ignorer nos revendications de l’autre. Aujourd’hui il est clair que le ministre Roberge ne cherchait qu’à faire stagner notre mouvement avec ses fausses promesses. Nous ne retournerons pas au travail tant qu’on n’en reconnaîtra pas la valeur en nous octroyant un salaire, et nous sommes confiant.es que bien des stagiaires se joindront à la grève dans les prochains jours. Le travail gratuit, ça suffit!» souligne Erika Morris, elle aussi étudiante en journalisme à Concordia.

Des activités se dérouleront toute la semaine à Montréal (comme dans plusieurs autres régions) afin de faire pression sur le gouvernement et de faire connaître les revendications des stagiaires. En début de semaine, les stagiaires et étudiant.es en grève visiteront par exemple écoles, établissements de santé et organismes communautaires dans différents quartiers pour être visibles auprès de leurs collègues dans les milieux de travail. Jeudi après-midi, les grévistes de l’ensemble des campus mobilisés participeront à une manifestation régionale.

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Renseignements et demandes d'entrevue:

  • Miriam Lafontaine, étudiante en journalisme(ENG/FR) : 438-876-1120

  • Erika Morris, étudiante en journalisme (ENG/FR) : 613-818-8069

  • Éloi Halloran, militant au CUTE UQAM (ENG/FR) : 819-230-4364

  • Étienne Simard, militant au CUTE UQAM (ENG/FR) : 438-875-3313

  • Affectation rapide via cute.travail@gmail.com

Site Web: http://www.grevedesstages.info/

Coalition montréalaise pour la rémunération des stages: montreal@grevedesstages.info

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