Avis. Rassemblement de solidarité jeudi. Une femme sans papiers arrêtée violemment, fait face à une deportation, dans la ville sanctuaire de Montréal

Une femme sans papiers arrêtée violemment, fait face à une déportation, dans la ville soi-disant sanctuaire de Montréal

Rassemblement de solidarité ce jeudi pour Lucy Francineth Granados

Montréal, le 21 mars 2018 – À 6 h hier matin, l’Agence des Services Frontaliers du Canada (ASFC) est entrée de force chez Lucy Francineth Granados, une femme sans papiers très impliquée dans le Collectif des femmes sans statut de Montréal. Les agents de l’ASFC ont fait un usage de la force complètement injustifié, blessant le bras de Lucy, qui est resté enflé. Lucy est au centre de détention de Laval et fait face à une déportation imminente vers le Guatemala. Une audience de révision de sa détention aura lieu ce jeudi.

Solidarité sans frontières et le Centre des travailleurs et travailleuses immigrant.e.s demandent au ministre de la Sécurité publique Ralph Goodale de suspendre l'expulsion de Lucy jusqu'à ce que sa demande d'immigration soit acceptée, tout en appelant le ministre de l'Immigration Ahmed Hussen à accepter sa demande d'immigration au plus vite. La Ville de Montréal doit aussi soutenir publiquement Lucy afin d’arrêter sa déportation, dans le cadre d’une réelle politique de Ville sanctuaire.

Rassemblement de solidarité : Liberté pour Lucy Francineth Granados
Jeudi le 22 mars à 12h30
Complexe Guy-Favreau, 200, René Lévesque ouest, Montréal

Mise en contexte

Lucy est le seul soutien financier pour ses trois enfants. Ils vivent au Guatemala avec leur grand-mère et ils dépendent entièrement des revenus que leur mère envoie pour tous leurs besoins de base (nourriture, logement, frais d’éducation, etc.). Si Lucy était expulsée, ses enfants perdraient immédiatement leur seule ressource financière de subsistance.

Lucy a traversé le Mexique par le tristement fameux train La Bestia jusqu’aux États-Unis, puis jusqu’au Canada afin de trouver un moyen de soutenir ses enfants après la mort de son mari. Sa demande de statut de réfugié a été refusée, mais elle est restée au Canada, sans papiers, afin de pouvoir continuer à les soutenir.

L'été dernier, Lucy a déposé une demande de résidence permanente pour motifs humanitaires dans le but de régulariser son statut. En janvier, un agent de l'ASFC a appelé son avocate et l'a menacée de ne pas étudier son dossier à moins qu'elle ne se présente pour être déportée. Mais, la Loi canadienne sur l'immigration stipule que le ministre doit étudier toutes demandes humanitaires au Canada; cette action de l’agent de l’AFSC était donc illégale. Ni Immigration Canada, ni l'ASFC n’ont répondu à la demande de son avocate d’obtenir des clarifications quant à sa situation, et ses alliés demandent aujourd’hui au ministre d’enquêter sur l’agent de l’AFSC et que des accusations soient portées si besoin (1).

Selon Immigration Canada, le dossier de Lucy serait en cours d'évaluation et une réponse devrait être normalement attendue bientôt, pour savoir si elle est autorisée à rester au Canada. A moins que le ministre de la Sécurité publique Ralph Goodale intervienne pour suspendre l’expulsion, que le ministre de l’Immigration Ahmed Hussen accélère le traitement de son dossier, ou que la Ville de Montréal prenne sérieusement ses responsabilités, Lucy sera probablement déportée avant même que son dossier ne soit évalué.

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Source: Solidarité sans frontières et le Centre de travailleurs et travailleuses immigrant.e.s

Contact: 438 933 7654 ou 438 881 9174 ou solidaritesansfrontieres@gmail.com

Mise en contexte: www.solidaritesansfrontieres.org

(1) En vertu de la LIPR 127 (a) et/ou 129 (1) (a).