700 kilomètres à pied – Arrivée à Kanehsatake de la marche contre les projets d’oléoducs

Kanehsatake, le 14 juin 2014 – Les citoyens qui avaient entamé une marche de 700 km pour protester contre l’arrivée des oléoducs de sables bitumineux au Québec ont atteint le but qu’ils s’étaient fixé en arrivant ce matin à Kanehsatake.

Pendant plus d’un mois, ils ont suivi les tracés qu’emprunteraient les oléoducs Énergie Est de TransCanada et la ligne 9b d’Enbridge dans le but de sensibiliser les communautés concernées aux enjeux de ces projets qui achemineraient du pétrole extrait des sables bitumineux de l’Alberta vers le Québec et le Nouveau-Brunswick.

Pour ces marcheurs âgés de 4 à 76 ans, leurs efforts n’ont pas été vains puisqu’ils ont réussi à faire signer plus d’un millier de déclarations de protection du territoire, une initiative de la campagne « Coule pas chez nous! » demandant aux élus municipaux, provinciaux et fédéraux de s’engager vers un avenir énergétique collectif basé sur les énergies renouvelables et responsables.

Partie de Cacouna où TransCanada projette de construire un terminal pétrolier, le choix de terminer la marche en territoire Mohawk n’a pas non plus été anodin. En effet, près de 155 communautés autochtones verraient leurs territoires menacés par l’oléoduc de TransCanada et les marcheurs souhaitaient unir leurs voix à celles des Premières Nations pour défendre une conception respectueuse de l’environnement, à l’instar des mobilisations initiées dans l’Ouest canadien contre le projet d’oléoduc Northern Gateway. « Grâce à l’initiative citoyenne de la marche des Peuples pour la Terre Mère, cela fait maintenant 34 jours que les Premières nations et les Québécois marchent côte à côte dans un réel esprit de collaboration dans le but de s’opposer aux projets irresponsables d’oléoducs qui pollueraient nos terres et notre eau. Le dialogue entre les Peuples est engagé au Québec et une résistance commune entre les Nations est en train de voir le jour. Nos peuples unis jamais ne seront vaincus ! » a ainsi fièrement clamé Nicholas Ouellet, un étudiant en droit originaire de Saint-Joseph-du-Lac qui a effectué la marche dans son intégralité.

Les propos du marcheur ont trouvé un écho dans les paroles de Melissa Mollen Dupuis qui était présente aujourd’hui à Kanehsatake pour accueillir la marche au nom d’Idle No More Québec : « C’est fantastique de voir à quel point il est possible de créer des actions et des liens de collaboration entre les communautés autochtones et non autochtones. Ce qui est malheureux, c’est que cette union se fasse dans l’urgence de protéger le territoire face à la culture extractiviste qui prédomine dans l’économie du Canada. Face à la destruction de notre Terre Mère, nous serons tous concernés et affectés si nous ne marchons pas ensemble aujourd’hui. »

D’autres représentants des Premières Nations étaient également présents sur place, dont Clayton Thomas Muller qui a pris la parole au nom des Nations de l’Ouest canadien, Ellen Gabriel du conseil traditionnel de Kanehsatake et Serge Simon, Grand Chef du conseil de bande de Kanehsatake. Ce dernier s’est adressé aux marcheurs en se disant honoré de les accueillir dans sa communauté : « J’ai beaucoup de respect pour votre sacrifice car votre engagement personnel n’a pas dû être facile pour plusieurs d’entre vous tant sur le plan physique que moral. Vous m’inspirez de l’espoir pour le futur de l’environnement et de l’humanité. J’ai hâte d’entendre votre histoire et vos rêves pour les actions à venir. »

Une cérémonie traditionnelle a été célébrée pour marquer la fin de la marche des Peuples pour la Terre Mère et passer symboliquement le relais à la marche qui se poursuivra en Ontario du 15 au 22 juin jusqu’à la colline parlementaire d’Ottawa.